Parmi les ombres mouvantes des profondeurs marines, une créature énigmatique surgit : Octo. Apparition troublante, écho d’anciens récits, elle incarne le mystère fascinant des océans et la peur sacrée qu’ils suscitent depuis des siècles. Inspirée d’un animal marin longtemps perçu comme un « diable de la mer », une raie mythifiée, vendue comme sirène étrange dans les cabinets de curiosités européens dès le XVIe siècle, cette sculpture est née d’un long travail de recherche et de création, amorcé dans les années 1990.
Octo est plus qu’une œuvre. C’est une passerelle entre deux mondes : celui des hommes et celui des abysses. Pré- sentée pour la première fois aux Galeries Nationales du Grand Palais lors de l’exposition Beauté Animale en 2012, puis au centre d’une grande exposition au CRAC de Sète en 2017, elle s’inscrit dans un parcours artistique au long cours, nourri par une obsession marine et une sensibilité écologique profonde.
Installée dans le nouveau Jardin du Sémaphore, face à l’infini de la mer, cette sculpture en bronze à taille humaine vit au rythme des éléments. Sa patine, altérée par l’air salin et le toucher des visiteurs, raconte au fil du temps une histoire unique, celle d’un lien ancestral entre l’homme et l’océan.
Octo est une ode à ces créatures marines qui hantent l’imaginaire collectif, de la science aux légendes, des ports méditerranéens aux récits d’explorateurs. Elle trouve à Sète, ma deuxième maison, un écrin naturel, vivant, ouvert sur le monde. Ce livre est une invitation à plonger dans son univers.
- Johan Creten, Sète, 2025
« Moi je suis la mer et la mer
C’est moi pire et meilleur encore,
Moi je suis pire que la mer,Et meilleur qu’elle et bien meilleurs
Et bien pires mes ires et
Mes amours crachant morts et fleurs »- Paul Verlaine, « Traversée »